Articles

Il y a quelques jours, j’ai discuté avec un ami entrepreneur passé à 2 doigts du burn out tellement il est sur tous les fronts, tout le temps, depuis trop longtemps, sans trouver de solution pérenne pour s’en sortir.

La discussion m’a vraiment donné envie de relire La semaine de 4 heures de Tim Ferriss car l’auteur est lui aussi passé par ce stade.

Le livre est sur la liste des livres à lire de mon ami, j’espère que cet article que je remets à jour 3 ans après ma première lecture du livre lui donnera envie de s’y plonger rapidement.

Je conseille très vivement le livre de Tim Ferriss pour toute personne qui souhaite challenger son mode d’organisation et pour tout entrepreneur.

Attention, si vous êtes salarié, cette lecture risque est de vous motiver à ne plus l’être.

Qui est Tim Ferris ?

Timothy (Tim) Ferriss est un entrepreneur américain qui a notamment écrit deux livres qui sont dans la liste des best-sellers du NY Times : La semaine de 4 heures et The 4-Hour Body.

Thimothy Tim Ferriss

Tim Ferriss

Plus d’info sur son site.

La semaine de 4 heures

Dans cette article, je vais vous parler de La semaine de 4 heures.

Tim Ferriss - La semaine de 4 heures

Tim Ferriss – La semaine de 4 heures

Depuis ma première découverte de la semaine de 4h en 2011, je l’ai lu et relu une petite dizaine de fois. A chaque lecture, en français (La semaine de 4 heures) ou en anglais (The 4-hour work week) – car je voulais saisir les propos aussi en version originale – toutes mes habitudes sont remises en question.

C’est un véritable électrochoc.

Je m’y replongerai encore tant le propos est riche et bouscule certaines idées reçues.

Il y a 3 idées reçues que je voulais partager avec vous dans cet article.

Elles concernent l’information, la prise de risque et la création d’entreprise.

La semaine de 4 heures : idée reçue 1

Informez-vous en temps réel

Durant les dernières années, le nombre d’informations traitées par jour a été démultiplié.

Chacun a quelques centaines de contacts sur les réseaux sociaux (Facebook et Twitter en tête).

Les messageries emails, téléphone, sms ne sont plus utilisées en mode asynchrone et on doit répondre tout de suite.

On regarde des vidéos avec le chat ouvert sur plusieurs contacts. Etc.

Les sollicitations sont incessantes.

Il est impossible de rester concentré plus de quelques minutes sans être dérangé.

Actif ou productif ?

Mieux s’organiser nécessite de se poser la question suivante : « Suis-je productif ou seulement actif ? ».

Etre performant est différent d’être efficace.

Il faut arrêter de s’inventer des activités à faire pour éviter l’important.

Le manque de temps n’est rien d’autre qu’un manque de priorités.

Définissez vos objectifs et attelez-vous à leur réalisation en supprimant les sources non pertinentes et les flux d’information parasites.

Simplifiez grâce aux lois de Pareto et Parkinson

Pour éliminer, utilisez la distribution de Pareto.

Cette loi, connue aussi sous le dénominatif 80/20, stipule que 20 % des facteurs influencent la plus grande partie (80 %) des objectifs.

Développez les 20 % de ce qui crée 80 % des résultats.

Pour des projets encore plus performant, combinez l’approche 80/20 à la loi de Parkinson.

Le travail s’étale de façon à occuper le temps disponible pour son achèvement.

L’importance d’une tâche et sa complexité perçue augmente à la mesure du temps alloué à sa réalisation.

L’objectif est de simplifier la réalisation de la tâche en se concentrant sur l’essentiel.

C’est d’ailleurs en suivant ce principe que l’on constate les plus grandes réussites. Allez voir la formation Business Revolution de Simon Caporossi, et vous verrez les résultats qu’il est possible d’obtenir ;-)

Pour aller encore plus loin

Afin d’être encore plus efficace, Tim Ferriss propose des solutions concrètes faciles à mettre en place :

  • Créez des to do lists et des not to do lists, hiérarchisez
  • Groupez les tâches identiques et traitez tout d’un coup : consultez vos emails et réseaux sociaux à heures fixes.
    Si vous n’y arrivez pas, utilisez des logiciels comme rescuetime.com
  • Proposez une solution ou des alternatives plutôt que de demander un avis.
    La réponse sera plus précise et vous fera gagner du temps
  • Renseignez-vous via des contacts personnels pour tout.
    Les informations reçues seront plus pertinentes et vous développerez votre réseau.
  • Soyez précis et exigeant dès le départ, cela évite de nombreux aller-retours

 

La semaine de 4 heures : idée reçue 2

Minimisez les risques

Après avoir vu comment sortir du flux continu d’information pour être plus performant, Tim Ferriss nous invite à changer notre comportement vis à vis du risque.

Dans la plupart des entreprises, l’objectif principal est de maximiser la rentabilité tout en diminuant autant que possible le risque du projet.

L’idée est logique car le but est de rendre le profit probable voire sûr.

Le corollaire négatif est de voir l’intérêt du projet fondre comme neige au soleil.

Chacun veut diminuer le risque et supprime donc les points qu’il juge innovants (donc risqués), ceux qui sortent de l’ordinaire, de la moyenne.

Au final, le projet est un amalgame de compromis ennuyeux qui n’a rien à voir avec la vision de base. Une soupe tiède vendue trop chère et qui mettra du temps à être produite.

L’ennui mène droit à l’échec.

Sortez de votre zone de confort

Il faut prendre des risques.

Tant mieux, faire de grandes choses est plus aisé car il y a moins de concurrence.

De plus, le retour sur risque est plus intéressant car les résultats sont proportionnels au risque pris.

Prêts à prendre des risques ? Dans un premier temps, Tim Ferriss conseille de définir et organiser le risque en posant les bonnes questions :

  • Quel est le pire scénario possible ?
  • Que se passera-t-il si celui-ci arrive ?
  • Est-ce vraiment grave ?

Cela permet aussi d’éviter le déni d’optimisme et de fixer des objectifs adéquats, sachant que « les objectifs doivent être irréalistes pour être efficaces ».

Lancez-vous

Une fois risques et objectifs définis, lancez-vous !

Dans la Vache Pourpre, Seth Godin nous invite à être fauteurs de trouble. Au final, Tim Ferriss fait la même chose en nous invitant à agir :

Lancez-vous, justifiez après coup.

Deux bonnes raisons de plus pour se lancer :

  • Les risques sont moins effrayants une fois qu’on les a pris.
  • Ce ne sera jamais le bon moment : donc allez-y maintenant, tout de suite.

Apprendre à mieux échouer

Pour avancer, il faut accepter l’échec et apprendre à échouer (j’en parlais aussi ici).

Ne fuyez pas la critique, mais canalisez-la en feedback qui vous aide à améliorer votre produit et progresser.

Pour résumer cette idée, Tim Ferriss cite Samuel Beckett dans Worstward Ho (Cap au pire) :

Try again. Fail again. Fail better.

Pour un autre éclairage sur ce point, lisez les commentaires sur l’article Peut-on créer une entreprise sans idée. Extrait :

La nouvelle vogue aux Etats-Unis est de voir une start-up comme une succession d’experiences permettant de valider ou d’invalider une hypothèse. […] Le succès tient donc dans la capacité d’une équipe à accélérer la boucle d’itérations « build – test – learn ».

Cette méthode fait référence au Minimum Viable Product (MVP) dont l’objectif est de définir le produit minimal qui apporte suffisamment de valeur aux utilisateurs afin de le lancer le plus rapidement possible et l’améliorer grâce à leurs retours.

La semaine de 4 heures : idée reçue 2

Vous devez diriger votre entreprise

Après avoir étudié la gestion de l’information puis la prise de risque, Tim Ferris nous invite à réfléchir à la création d’entreprise et son mode de management.

Il y a de nombreuses manières de créer une entreprise.

On dénombre tout autant d’objectifs au final.

Le processus type, recherché et espéré par la plupart des entrepreneurs, est le suivant :

  1. Je crée mon entreprise en partant de zéro
  2. Je galère mais me consacre à 300 % à mon business
  3. Je dors peu, je vois peu mes proches, mais j’y crois toujours
  4. J’avais raison, d’un coup, le business décolle
  5. L’entreprise recrute à tour de bras et grandit
  6. Je suis PDG d’une grosse boîte, la classe !
  7. On entre en bourse pour encore plus valoriser l’entreprise
  8. Je revends le tout pour quelques millions à Google / Facebook / Amazon / Starbucks / AirBnB / Autre grosse boîte (rayez la mention inutile)
  9. Je suis riche, j’ai réussi et j’en suis fier.

C’est vrai que c’est tentant, surtout la fin…
Mais il faut être réaliste, la success story s’arrête souvent au point 3.

Changez les hypothèses de départ

Le propos de Tim Ferriss est simple et se résume en une phrase :

L’ objectif n’est pas de diriger une entreprise mais d’en être propriétaire et d’y consacrer le moins de temps possible.

En fait, c’est relativement simple (en théorie). Au lieu d’une entreprise qui a pour objectif de se développer, Tim Ferriss propose comme objectif de dissocier temps passé de revenu.

Une fois mis en place une entreprise qui vend des produits bien réels (numériques ou physiques), le travail de l’entrepreneur doit être de chercher à automatiser tous les processus.

De la commande à l’envoi, en passant par la production ou la demande de feedback, tout (ou presque) peut être automatisé de façon à ne devoir intervenir que sporadiquement, sur des points clés de contrôle.

Ce changement de paradigme est fondamental. Sans lui, on entre à nouveau dans le cycle infernal listé dans le premier paragraphe. Avec lui, on aura développé une « muse ».

Comment créer une muse ?

Tim Ferris conseille tout d’abord de détecter un marché de niche et répondre à un besoin bien spécifique de la cible.

Prenez le temps de tester le potentiel en utilisant Adwords et redirigez vers une page de vente de test par exemple.

Une fois votre produit lancé et les premières ventes qui arrivent, listez la totalité de vos processus et regarder comment les automatiser ou les externaliser.

Cela oblige de responsabiliser et faire confiance pour rendre les prestataires autonomes.

Fixer des règles dès le départ, avec des seuils d’alerte, pour que les retours reçus soient précis.

Le gain de temps personnel est votre objectif final car vous pourrez vous consacrez à l’amélioration de votre business, à d’autres business, à vos loisirs plutôt qu’à la gestion de tout le process.

En résumé sur La semaine de 4 heures de Tim Ferris

Vous l’aurez compris, je ne vais pas arriver à synthétiser en quelques phrases la richesse de la démonstration de La semaine de 4 heures. Je vous conseille vraiment d’acheter ce livre dès aujourd’hui

Qu’on soit clair, ce bouquin est top : lisez-le !

Il se dévore et la lecture met le cerveau en totale ébullition à chaque fois !

PS : Pour toi, mon ami entrepreneur en sortie de burn out qui aura lu cet article jusqu’au bout, je sais que tu as le talent pour y arriver. Le chemin est compliqué, mais tu vas y arriver.

Vous êtes entrepreneur ou employé dans une entreprise ?

Êtes-vous réellement indispensable ?

Cette question d’apparence anodine est au coeur de Linchpin, essai du marketeur américain Seth Godin.

Linchpin - Seth Godin

Qu’est-ce qu’un Linchpin ?

« Linchpin », en français, c’est un terme technique qui signifie un pivot ou une attache qui empêche une roue de glisser hors de son axe.

Au sens figuré, c’est quelque chose ou quelqu’un qui relie les différents éléments d’une structure complexe. Le pilier. La cheville ouvrière.

Êtes-vous donc une cheville ouvrière dans votre organisation ?

Etre indispensable est le choix de chacun

A travers Linchpin, Seth Godin aborde les principes essentiels pour être indispensable, gage du succès dans toute structure.

Devenir un Linchpin peut paraître très compliqué, c’est aussi très motivant. Tout le livre est là pour ça : nous pousser à agir, à nous bouger, à évoluer.

L’élément clé est le lecteur, et ce qu’il a dans ses tripes. Les étapes seront nombreuses. Les compétences à acquérir nous ferons sortir de notre zone de confort habituel.

Mais toutes ces barrières au succès pourront être franchies.

La seule condition est un choix : celui de dire j’agis. J’essaye.

Il suffit de dire oui.

5 étapes pour mieux comprendre

Aussi puissants soient les concepts développés, le bouquin a vraiment quelques longueurs.

Voici les 5 étapes issues de Linchpin qui permettent de se rendre indispensable. Un véritable mode d’emploi pour agir et être reconnu à sa juste valeur.

1. Pourquoi faut-il devenir indispensable ?

La loi du « mechanical turk »

Connaissez-vous le mechanical turk d’Amazon ?

L’idée est simple : divisez un projet en un maximum de sous-tâches si simples à exécuter que n’importe qui peut s’en charger, à un coût proche de zéro.

Le principe d’automatisation sous-jacent est le suivant :

  • Si on peut mesurer une tâche, on peut l’exécuter plus rapidement
  • Si l’on peut la décrire dans un manuel, on peut la déléguer
  • Si l’on peut l’outsourcer, on peut l’obtenir pour un prix inférieur

Ces mécanismes favorisent ce qui est rapide et peu coûteux plutôt que ce qui est lent et cher.

Application au salarié en entreprise

La concurrence forte entre les entreprises se traduit inévitablement par une concurrence au sein même des entreprises.

De manière générale, à force de tirer vers le bas les coûts, les prix et la qualité ; la valeur ajoutée attendue des collaborateurs diminue elle aussi.

C’est le mode « quick & dirty« . Pour fournir des prestations médiocres, des collaborateurs « moyens » sont suffisants. Ces travailleurs ne sont en aucun cas indispensables et parfaitement interchangeables.

Comment rompre ce cercle vicieux ?

Pour ne pas être pris dans cette spirale, il est primordial de se rendre indispensable. La seule manière de s’en sortir est de sortir par le haut, en étant remarquable.

2. Quelle valeur apporter pour être indispensable ?

Pour devenir un pivot et non un rouage dans la machine du travail, Seth Godin encourage le lecteur de Linchpin à se poser la question de la valeur qu’il apporte à son organisation.

L’échelle de valeur ajoutée

Seth Godin définit une échelle de valeur en 7 niveaux :

  1. Soulever (lift)
  2. Chasser (hunt)
  3. Faire croître (grow)
  4. Produire (produce)
  5. Vendre (sell)
  6. Connecter (connect)
  7. Créer / Inventer (create / invent)

Si quasiment tout le monde est capable de soulever quelque chose (un travail manuel, physique), si quelques personne sont capable de produire ou de vendre, il est en revanche beaucoup plus rare d’être celui ou celle qui crée, qui invente (travail intellectuel « émotionnel »).

L’effet de levier effort fourni / récompense perçue

L’opportunité est que le marché récompense celui qui trouve des solutions nouvelles, qui établie des connexions fructueuses entre les individus.

Selon Seth Godin, plus on monte dans la hiérarchie, plus le travail est simple et la paye élevée.
Le schéma suivant illustre ce propos :

linchpin

C’est comme un effet de levier, une fois un certain stade passé, tout sera plus facile. A condition de la créer une valeur pertinente qui permet de décupler la puissance de ce levier.

Être indispensable est un choix personnel car il s’agit surtout de se rendre indispensable en créant, en inventant, en mettant les personnes en lien.

3. Travaillez-vous comme un artiste ?

A propos de la taille du marché

Dans un gâteau, si 10 personnes prennent chacune une des 10 parts découpées, il ne reste plus rien à la fin (même pas les miettes).

Le marché de la valeur, lui, n’est pas un jeu à somme nulle.

Plus le nombre de personnes qui prennent part au marché est grand, plus ils participent et créent de la valeur avec leur talent, plus le gâteau va grossir. De manière illimitée.

La valeur amène la valeur

Plus vous donnez, plus vous recevrez en retour.

Seth Godin nous encourage donc à agir avec générosité, comme un artiste travaillerait à son oeuvre. Il faut mettre de sa personne, ne pas avoir peur de se mouiller, prendre des risques…

Comme un sportif s’entraîne dur des années durant, comme un artisan aiguise et entretient ses meilleurs outils, le travailleur doit développer ses compétences pour produire un travail d’artiste.

Comme Philippe Gabillet nous expliquait que la chance est une compétence qui s’apprend, Seth Godin nous explique qu’être un linchpin, indispensable, cela se travaille.

Faire, connecter, parler, créer, inventer, vendre, choisir, décider, etc. : cela s’acquière. On n’est pas indispensable, on le devient. La détermination en est la clé.

There is no map

La difficulté principale vient du fait que personne ne peut nous indiquer le chemin. Trouver la voie du talent qui est en nous est peu aisée. Pour définir ce chemin, il faut agir avec passion, s’impliquer entièrement, avec enthousiasme et optimisme.

Tel Steve Jobs et son « Think different », Seth Godin nous engage à chercher, penser et agir différemment, comme un artiste. C’est difficile, et c’est pour cela que c’est rare et à forte valeur ajoutée.

4. La clé pour être indispensable et les challenges à surmonter

Le but est la finalité

S’il n’y a qu’un seul message à retenir dans Linchpin, c’est celui-ci : délivrer. En effet, peu importe l’intensité avec laquelle vous avez travaillé, peu importe les difficultés rencontrées, le seul objectif de votre travail est de lui faire rencontrer le marché.

L’expédition, la livraison, c’est ce moment de collision entre votre travail et le monde extérieur.

La discipline qui consiste à délivrer fait partie de l’art d’être un Linchpin et en est une composante essentielle qui le fait fonctionner.

Livrer quelque chose, régulièrement, sans trop de tracas ni de peur est une compétence rare. Cette discipline est ce qui fait que vous serez indispensable.

Les challenges

Selon Seth Godin, il y a 3 principaux challenge à surmonter quand on souhaite créer et livrer un projet :

La coordination

Plus une équipe s’agrandit, plus il est difficile de la coordonner. On risque de perdre du temps au lieu de se concentrer sur une chose : créer le meilleur produit possible.

Le rapport entre produit parfait et nombre de talents nécessaire pour le créer est un équilibre délicat à trouver.

Savoir supprimer

Dire non et savoir mettre à la poubelle certains pans du projet sont des qualités rares mais essentielles.

Il faut pour cela impliquer les gens aussi en amont que possible. Plus on supprime tard certains points, plus cela risque d’introduire des bugs, plus cela reviendra cher et plus on aura de chances de livrer le projet en retard.

La résistance

Chacun a en lui ce que Seth Godin nomme notre « cerveau de lézard ». Une tendance à la paresse, à chercher le confort, à éviter l’angoisse, à se cacher.

Cela arrive « à chaque fois que vous suivez le manuel au lieu de l’écrire« .

Au lieu de céder à la résistance, il faut agir, se confronter au réel, sortir de sa zone de confort.

5. L’astuce imparable pour générer de bonnes idées

Créatif et inventif

Être créatif et inventif, c’est ce à quoi Seth Godin nous motive tout au long de Linchpin.

On comprend bien que « générer de bonnes idées » est la seule manière de se rendre indispensable même si l’on ne sait pas comment faire.

Le problème est qu’il donne peu de solutions pour surmonter cette difficulté, excepté page 117.

LA technique imparable

Trouver de bonnes idées est étonnamment facile une fois résolu le problème de trouver de mauvaises idées.

Une solution pour devenir créatif est de se discipliner à générer de mauvaises idées. Faites-le aussi souvent que possible et, comme par magie, vous verrez que de bonnes s’y sont glissées.

Cette technique est imparable. C’est pourquoi j’avais envie de la partager dans un article dédié.

Entraînez-vous

>> En guise d’exercice, inscrivez en commentaire vos pires réactions

On verra si d’excellentes s’y glissent également ;-)

Conclusion : Les 7 aptitudes d’un Linchpin

Dans cet article, nous avons vu pourquoi et comment se rendre indispensable. Voici un résumé en 7 points clés ce que l’on doit être et que l’on doit faire pour être incontournable.

1. Être une interface de connexion unique entre les membres d’une organisation

Toute organisation qui réussit doit son succès aux personnes clés qui la compose. Soyez l’une d’elles. Soyez leader, mettez les autres en relation, créez des ponts entre votre entreprise et le monde extérieur.

2. Offrir des solutions créatives uniques

Pour cela, vous devez maîtriser un domaine de compétence particulier et livrez régulièrement des solutions innovantes à haute valeur ajoutée. Soyez un contributeur généreux.

3. Manager dans des environnements complexes

A travers la somme de toutes les informations, vous devez construire vos propres routes et inventer des solutions hors des sentiers connus.

4. Sublimer l’interaction avec les clients

Les nouveaux modèles sont interactifs, fluides, décentralisés. Aussi, toute personne de votre organisation peut être en contact avec les clients. A vous de leur transmettre les outils (marketing, etc.) pour réussir cette interaction.

5. Être une source d’inspiration pour votre équipe

Votre rôle, en tant que Linchpin, est que « quelque chose se passe, se crée ». Même si ce n’est que difficilement mesurable. A vous de diffuser auprès de vos collaborateurs la motivation qui va les pousser à tout donner pour mener les projets à bien.

6. Apporter des connaissances approfondies

Maîtriser un domaine de compétence est essentiel. Plus encore, il faut s’en servir pour créer de la valeur : décisions intelligentes, idées et contributions généreuses, changements.

7. Avoir un talent unique

Quel est votre super pouvoir ? En termes marketing, votre Unique Selling Proposition. Qu’est-ce qui fait que vous serez difficile à remplacer et que rien ne vous arrêtera ?

Trouvez votre USP, cultivez-la !

Que faire si ça ne fonctionne pas ?

Malgré toutes vos aptitudes, il y a sûrement des moments où cela ne fonctionnera pas.

Ce n’est pas grave : essayez encore. Vous échouerez mieux.

Seth Godin conclue de manière un peu philosophique :

Restez focus sur une seule chose : faites ce que vous aimez, faites le bien, avec générosité, comme un artiste.

Cherchez votre marché et vous découvrirez que ce marché aime votre talent.

En tant que lecteur, j’aime les livres qui racontent de belles histoires. Un truc qui doit sûrement me rester depuis mon enfance et les heures de lecture à la lampe de poche sous la couette.

kyle mcdonald - un trombone rouge

Un trombone rouge de Kyle MacDonald fait partie de ces belles histoires avec un anti-héros auquel on a très envie de s’identifier (comme The adventure capitalist).

Une simple idée de départ

Kyle, un canadien, décide de faire du troc avec un rêve fou : obtenir une maison.

Son premier objet est un simple trombone rouge qui traîne sur son bureau.

Le truc fou, c’est qu’en 1 an et quatorze échanges, il va arriver à ses fins et obtenir une maison.

Un trombone -> un an -> une maison. Incroyable, non ?

Aparté Kindle

Je vous conseille cette lecture rafraîchissante, d’autant plus que le bouquin se lit vite et bien. Je l’ai fini en 2 petites heures, les trois quarts cette nuit et la fin ce matin sur mon nouveau Kindle :-)

Yes, j’ai craqué pour pouvoir lire plus de livres, plus facilement, pour moins cher et avec moins de stoock de papier dans ma bibliothèque.

Un trombone rouge, une belle histoire de rêve américain

C’est une belle et jolie histoire, celle d’un mec sorti de nul part qui s’accroche peu à peu à son rêve. En étant lui-même, sans grosse prise de tête, il fédère peu à peu des millions de lecteurs qui suivent ses aventures sur son blog.

Les médias s’intéressent à lui et l’aventure s’emballe.

Un très bon mix entre l’authenticité canadienne et rêve accompagné de réussite à l’américaine.

Je me demande si ce genre de projet pourrait fonctionner en France, où l’esprit entrepreneurial n’est pas la première des valeurs contrairement à l’esprit critique.

Deux leçons entrepreuneuriales issues d’un trombone rouge

Comme dans toute aventure humaine, il y a clairement des choses à retenir et à appliquer pour vos propres projets. Voici mes 3 leçons issues d’Un trombone rouge de Kyle MacDonald :

1. Croire en ses rêves

C’est le premier point et le plus important.

Plus le projet avance, plus Kyle croit fort dans son potentiel de réussite.

C’est comme un vertueux qui irradie vers tous ceux qui le suivent, l’encouragent, lui proposent des échanges.

2. Faire le premier pas

Rien de cette incroyable aventure ne serait arrivé à Kyle s’il n’avait pas commencé son aventure en postant une annonce sur Craiglist. Comme il le dit si bien :

C’est simplissime. Si on ne commence jamais, on ne finit jamais. Chaque périple débute par un pas. Il suffit de franchir le seuil de la porte et d’agir.

Cela rejoint les conseils de nombreux autres entrepreneurs. Pour plus d’info sur le sujet, lire  The Art of Start de Guy Kawasaki ou Linchpin de Seth Godin.

Selon ce dernier, le seul objectif de votre travail est de lui faire rencontrer le marché, de délivrer. Et cela commence toujours par faire un premier pas.

Mon trombone rouge ?

Pas de trombone rouge en vue d’un troc sur mon bureau aujourd’hui, mais une graine d’aventure plantée dans le crâne. Je vais la laisser germer…

Fondateur de Stilic Force en 1997, Nicolas Trüb partage dans cet (im)précis de création d’entreprise à l’usage du salarié sa vision pragmatique et décapante de l’entrepreneuriat.

ma retraite a 29 ans

Tout créateur d’entreprise se retrouvera Ma retraite à 29 ans, et le bouquin se dévore en plus comme un bon roman.

Apôtre du bon sens, l’auteur explique et applique ses conseils chapitre après chapitre, chacun dédié à l’un des thèmes cruciaux du business : la pulsion, le marché, l’argent, les idées, les autres, la morale, le temps, le courage…

Ma retraite à 29 ans : extraits choisis

J’ai voulu cet article comme un recueil de citations fortes, à relire régulièrement afin de garder les pieds sur terre tout en rêvant du firmament entrepreneurial.

La pulsion entrepreneuriale

Dans la pensée occidentale courante, prendre sa retraite consiste à quitter son emploi et son patron pour consacrer le reste de sa vie à des activités que l’on a toujours rêvé de faire, et à accepter pour cela de vivre avec des moyens financiers inférieurs. J’ai donc pris ma retraite le 1er septembre 1997. J’avais 29 ans…

Il n’y a pas de « clé » pour créer sa boîte, il n’y a que l’accumulation d’un nombre infini d’actions infiniment petites menées en fonction de signaux imperceptibles. Cette somme porte un nom : le feu sacré de l’entrepreneur.

Le marché

La création d’entreprise a pour terrain de jeu l’économie de marché.

L’entrepreneuriat est un jeu absolu, en réalité augmenté. LE jeu absolu !

L’avantage de l’économie de marché est le libre choix.

Le marché peut se tromper mais pas éternellement.

Pour tirer profit de cela, une seule solution : agir.

Se confronter au marché permet de vivre pleinement l’aventure entrepreneuriale.

L’argent

L’argent est à la fois le projet, le moyen et l’instrument de mesure de l’entreprise. C’est en vertu de ces trois statuts unifiés que l’entrepreneur peut pacifier son rapport au fric. Malheur à lui s’il dissocie cette trilogie. S’il oublie que c’est un projet, il reste un pauvre. S’il oublie que c’est un moyen, il devient un escroc. S’il oublie que c’est un instrument de mesure, c’est un imbécile. Il peut également endosser plusieurs de ces qualités en même temps.

Les idées

Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise idée, il n’y a que des idées qui ont été testées et d’autres non. Le boulot de l’entreprise est de tester ses idées pour un coût minimum, dans le temps minimum et dans les conditions les plus vraisemblables possible.

L’entrepreneuriat est une science expérimentale par sa nature même : il faut observer le plus possible le comportement de son idée dans le monde réel.

La solution créative authentique n’est pas celle qui accumule les possibilités de liberté (illusoires de fait), mais celle qui synthétise le maximum de contraintes. Si vous ne trouvez pas la bonne solution, c’est que vous n’avez pas débusqué assez de problèmes.

Protéger ses idées : on peut toujours copier votre idée, ou croire la copier, mais l’énergie que vous lui accordez, l’intelligence avec laquelle vous dialoguez avec vos clients et vos fournisseurs, la subtilité de l’organisation que vous mettez au service de cette vision, elles, sont inimitables. Et il est très légitime de créer une entreprise simplement parce qu’un jour on a cherché un produit ou un service et que l’on ne l’a pas trouvé.

En résumé

La force de Ma retraite à 29 ans réside certainement dans ce coup de maître : motiver plus que jamais à créer son entreprise en décrivant pourtant toutes les tuiles qui risquent de nous tomber dessus.

Un pavé de mon été : les 571 pages (en VO) de la vie de Steve Jobs, par Walter Isaacson. Pour moi qui ne suis pas spécifiquement iAddict, je me demandais si j’allais en venir à bout. En fait, c’est passionnant !

steve jobs

Dans le livre, il y a bien évidemment le récit du mythe Steve Jobs, l’homme qui a réussi des paris que personne n’imaginait possibles.

Il y a surtout 2 valeurs entrepreneuriales à graver au-dessus de son propre bureau et 50 ans d’histoire informatique qui ont révolutionné le monde.

Le récit d’une révolution

La biographie de Steve Jobs est à la fois un roman historique et une oeuvre journalistique tellement ce passé est récent.

C’est passionnant de comprendre les tenants et les aboutissants d’une révolution partie de quelques illuminés (le LSD a bien aidé) des années 70 qui avaient une vision et l’ont développée.

Je ne vais pas relater ici toute l’histoire, mais il est important d’avoir en tête que Steve Jobs a révolutionné et créé plusieurs industries, notamment :

  • l’ordinateur personnel (avec l’Apple II, le Macintosh puis l’iMac)
  • le cinéma d’animation (Pixar et Toy Story)
  • la musique (grâce à l’iPod et iTunes)
  • la téléphonie et le rapport à la mobilité (l’iPhone à la main)
  • la création d’applications digitales (dans l’App Store)…

Des valeurs fondamentales

Il y a 2 points sur lesquels Steve Jobs n’a jamais transigé : la motivation à créer quelque chose de beau et le fait d’être toujours focus.

Voir grand

Creating great things instead of making money.

Créer de grands choses plutôt que de chercher à gagner de l’argent. Cette philosophie se retrouve dans toutes les créations de Jobs. Il l’a tenait notamment de Mike Markulla qui insistait sur la vision suivante : « Vous ne devez jamais créer une boîte en ayant pour objectif de devenir riche. Votre but doit être de faire quelque chose auquel vous croyez et bâtir une entreprise durable. »

De ce fait, la récompense vient du parcours effectué (« the journey is the reward »), et non pas uniquement à la fin du projet. Il faut aimer passionnément ce que l’on fait afin d’avoir toujours l’énergie pour aller plus loin et dépasser ses propres limites dans sa création.

Cela fait écho avec une citation tiré du très bon Million Dollar Baby en 2004 : « It’s the magic of risking everything for a dream that nobody sees but you » et évidemment au formidable discours de Steve Jobs « Stay hungry, stay foolish« .

Rester focus

L’une des principales forces de Steve Jobs était de savoir comment être focus. Pour lui, en tant que manager, « décider ce qu’il ne faut pas faire est aussi important que décider ce qu’il faut faire« . Cela permet de supprimer toutes les opportunités non importantes.

Au final, on en fait moins mais on le fait mieux. Et cela demande un travail énorme de créer quelque chose de simple, en intégrant tous les challenges liés, et de proposer au final une solution élégante et fonctionnelle.

En résumé

Il y a quelques longueurs dans cette biographie. On aimerait creuser certains sujets, passer un peu moins de temps sur d’autres.

La biographie de Steve Jobs reste un récit fascinant, celle « d’un des plus grands innovateurs américains, assez courageux pour penser différemment, assez audacieux pour croire qu’il pouvait changer le monde, et assez talentueux pour le faire » (Barack Obama – octobre 2011).

Il y a des gens pour lesquels tout paraît facile. Jason Fried, co-fondateur de 37 Signals et auteur de Rework, société éditrice de Basecamp, fait partie de ceux-là. 

rework jason fried

On peut apprendre énormément de ces personnes.

Voici 3 leçons issues du livre :

Leçon 1 : Vendez vos sous-produits

Lorsque l’on crée quelque chose, on fait toujours autre chose en même temps. On apprend plusieurs choses à la fois, on réfléchit à la manière dont on fait ce que l’on fait.

Durant la fabrication ou la distribution d’un produit fini, chacun peut trouver un produit résidu en étant suffisamment observateur et créatif. Ce sous-produit est généralement non intentionnel, non prévisible, et accidentel mais il y a là une opportunité de vente.

Rework est l’un des  »by-product » de 37 Signals, et le livre a été vendu à plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires.

Trouvez le votre !

Leçon 2 : Faites-en moins, faites-le bien

Qu’est-ce qui est essentiel pour votre business ? Où est l’épicentre de votre projet ?

Quand vous démarrez un projet, il y a les choses que vous pouvez faire, celles que vous souhaitez faire et celles que vous devez faire. Ce que vous devez faire est votre épicentre, c’est par là que vous devez commencer.

Mettez toute votre énergie pour le faire du mieux possible, tout le reste dépend de ces fondations.

Les propos impliquent les 4 actions suivantes :

  1. Restez focus sur ce qui ne change pas
  2. Améliorez le coeur de votre business
  3. Faites-en moins que vos concurrents, mais proposez des solutions plus simples
  4. Dites non par défaut pour vous concentrer sur vos priorités (ce qui implique qu’il faut apprendre à dire non)

Jean, sur Webmarketing Junkie, le résumait ainsi : « L’excellence s’acquiert par l’élimination ».

Leçon 3 : Ne grandissez pas trop vite

Ce point aurait pu être le 5e de la liste précédente : ne cherchez pas à grossir à tout prix.

Être petit n’est pas uniquement une étape. C’est aussi une destination en soi.

Il est important de ne pas grandir trop vite, de prendre le temps pour la croissance de son entreprise.

Cela permet de rester flexible, de s’adapter, d’improviser. C’est physique : plus la masse d’un objet est élevée, plus cet objet a besoin d’énergie pour changer de direction.

Dès lors, visez grand, mais restez petit autant que possible et prenez de nombreuses et petites décisions. Soyez souple et agile, vous pourrez toujours revenir en arrière et vous adapter à un environnement lui aussi en mouvement.

Autres leçons

« It’s time to rework work », proclame Jason Fried.
Il propose énormément d’autres conseils. Par exemple :

  • Soyez passionné par votre produit, ou changez-en
    Vous êtes le meilleur ambassadeur de votre entreprise.
  • Décidez
    Les décisions construisent votre progrès.
  • Agissez
    Plus vite vous passez à l’action, plus vite vous avancerez grâce aux feedbacks.
  • Démarrez un business, ayant pour but de générer un profit
    « Un business sans profit, c’est un hobby. »
  • Développez une audience.
    Enseignez et partagez avec elle tout ce que vous savez.
  • Faites découvrir l’envers du décors
    Tout le monde aime savoir comment les choses sont faites.

Il y a aussi de nombreuses leçons sur l’art de ne pas organiser de réunions, d’éviter les planning inutiles, de recruter intelligemment. Pour les découvrir, lisez Rework.

Dans Rework de Jason Fried, il y a un grand nombre de passages que j’ai envie de garder tels quels tellement ils comportent déjà l’essentiel.

Voici une citations, commentée lors d’un article plus court. Je trouve l’idée  tellement forte qu’il faut absolument la garder en tête et/ou à relire souvent !

rework jason fried

Dans Rework, donc, il y a un passage qui dit ceci :

Focus on what won’t change

A lot of companies focus on the next big thing. […]

That’s a fool path. You start focusing on fashion instead of substance. You start paying attention to things that are constantly changing instead of things that last.

The core of your business should be built around things that won’t change.

Réduire et valoriser l’essentiel

L’objectif est donc de se focaliser sur les caractéristiques permanentes de son produit, de son service, de son entreprise. Une fois identifiées, il faut les rendre irrésistibles, les valoriser, les dépolluer de tout parasites.

Il est souvent plus dur d’enlever que d’ajouter.

Mirò a consacré toute sa vie à simplifier chaque trait de ses oeuvres.

Amateur de bandes dessinées depuis de nombreuses années, je commence à avoir une petite collection qui fait la joie de la famille et des amis de passage.

Je n’imaginais pas parler BD sur ce site mais je viens de tourner la dernière page d’un récit qui a sa place ici.

les ignorants davodeau

Les ignorants

Il s’agit de la dernière publication d’Etienne Davodeau, auteur notamment des très bons Rural (Delcourt, 2001) ou Lulu, femme nue (chez Futuropolis, 2008 & 2010).

Les ignorants (Futuropolis, 2011) propose sur 270 pages le récit d’une initiation croisée. Etienne Davodeau, auteur et dessinateur de BD va travailler bénévolement auprès de Richard Leroy, vigneron en Anjou.

Durant plus d’un an, Richard partage son expérience et explique à Etienne le vin et la dégustation. En échange, Etienne l’initie au monde de la bande dessinée.

Merci !

Merci Etienne Davodeau, votre récit est un régal qui se déguste comme un grand vin.

Merci d’ouvrir la porte de vos amis auteurs (Jean-Pierre Gibrat, Marc-Antoine Mathieu, etc.).
Leurs BDs m’accompagnent depuis longtemps, je suis heureux de pouvoir les rencontrer et leur poser des questions par l’intermédiaire de Richard.

Très ignorant en ce qui concerne vin, le bédéphile en moi se découvre encore ignorant d’un certain nombre de références. Merci aussi pour ces futures lectures…

Passion et entrepreneuriat

Revenons-en à l’entrepreneuriat : dans mes lectures de web entrepreneur, beaucoup de livres, blogs et récits expliquent comment créer son entreprise en partant de ses passions. Il y a clairement du très bon et du moins bon dans ce qui est proposé, mais le sujet mérite d’être creusé.

Les ignorants, c’est exactement cela : 2 mecs passionnés et esthètes de leur métier respectifs qui partagent leurs passions et ouvrent leurs univers l’un à l’autre.

C’est bénéfique pour tout le monde :

  • Etienne vit une expérience incroyable en étant vigneron pendant un an
  • Richard ouvre son exploitation et apprend lui aussi plein de nouvelles choses
  • Etienne a un sujet parfait pour sa prochaine BD
  • Richard risque de voir ses commandes de vin augmenter
  • Le lecteur amateur de vin, de BD ou des 2 plonge avec délice dans ces pages

Raconter des expériences fortes

Par certains côtés, l’expérience d’Etienne et Richard se rapproche de celle de Conor Woodman qui part faire du commerce autour du monde ou celle de Christophe Blain qui découvre la cuisine avec Alain Passard.

Tous ces récits donnent beaucoup d’idées ! Il faut juste se creuser la tête pour imaginer comment valoriser et monétiser ce que l’on aime.

Le marketing n’est plus l’art de vendre n’importe quel produit à n’importe qui.

Les règles ont évolué et désormais, « le marketing est le produit », pas les pubs pour le vendre.

Faire du marketing est donc « l’art d’inventer, de designer, de produire, de fixer un prix et de vendre le produit« .

purple cow - seth godin

La lecture de Purple Cow (La Vache Pourpre en version française) de l’américain Seth Godin, aide tout marketeur, débutant ou confirmé, à se poser les bonnes questions :

Pourquoi être remarquable ?

Si le marketing est le produit, comment atteindre des consommateurs qui ont beaucoup de choix et peu de temps pour décider.

Les acheteurs de vos produits doivent : « avoir du temps et de l’argent, vouloir le produit, en avoir entendu parler, avoir envie de passer à l’action ».

La cible se réduit très rapidement. Pour sortir du lot, la seule solution valable pour Seth Godin est d’être remarquable, comme une vache violette au milieu d’un troupeau.

Qu’est-ce qu’être remarquable ?

Être remarquable, c’est être faire que ceux qui voient votre produit veulent l’essayer et ceux qui l’essayent veulent en parler autour d’eux.

Être remarquable est l’opposé d’être très bon, vous devez être inattendu.

Pour cela, il faut explorer les limites de son modèle de revenu.
Que se passe-t-il si au lieu d’être juste très bien, je deviens « le plus exclusif, le plus cher, le plus lent, le plus rapide, le plus pertinent, etc. »  ?

Seth Godin. Purple cow. Vaches sur le GR5.

Quand faire de la pub ?

Pour atteindre ces consommateurs spécifiques, il est inutile de faire de la publicité grand public. Il faut observer pour trouver à quel moment un prospect a besoin d’entendre parler de vous.

La publicité Adwords fonctionne car elle est très ciblée et répond à ma recherche et suis très réceptif.
A quel moment vos clients ont-ils envie d’entendre parler de votre solution ?

Comment être remarquable ?

Voici un condensé de pistes de réflexion suite à cette lecture :

  • Listez tout ce qui rend votre produit vraiment unique
  • Définissez votre cœur de cible et listez 10 manières d’améliorer votre produit pour ces clients spécifiques
  • Benchmarkez d’autres marchés, allez chercher des idées ailleurs que chez vos concurrents les plus proches.
  • Posez des questions, demandez toujours « Pourquoi pas ? »
    Ce que l’on ne fait pas est plus souvent « le fait d’inertie, de peurs, de contexte interne que de raisons valables ».
  • Essayez différentes stratégies, testez, mesurez, adaptez, recommencez.
conor woodman adventure capitalist livre

Il faut l’avouer, au premier abord, le projet de Conor Woodman m’a semblé totalement fou.
Mais c’est seulement la dernière page tournée que je respire à nouveau.
Embarquez vous aussi dans un roman de business et d’aventure !

Synopsis

En 2004, Conor Woodman a 30 ans. Il travaille à Londres comme analyste financier et réalise soudain qu’il n’est pas à sa place. Un défi prend forme dans son esprit : aller confronter ses capacités de négociation et de vente avec celles les marchands des plus vieilles routes commerciales.

Il va sillonner une quinzaine de pays d’Afrique, d’Asie, d’Amérique du Sud pour acheter ici et revendre plus loin avec pour objectif de réaliser une plus value. Son objectif : partir avec 50000$ (issus de la vente de son appartement) et revenir avec le double.

Conor Woodman, the adventure capitalist. Marchand de chameaux.

Un voyage très enrichissant

Après un test réussi auprès des marchands de tapis des souks de Marrakech pour évaluer ses capacités de négociant, Conor suit une route qu’il trace au fur et à mesure en fonction des opportunités commerciales.

Son projet est glocal : il agit localement avec un schéma directeur global. Chaque achat ou vente est réalisé auprès de commerçants locaux,  le trajet et l’objectif final sont eux imaginés de manière mondiale, pays après pays, de continent en continent.

Concrètement, l’auteur se frotte aux marchés suivants :

  • les chameaux au Soudan pour les revendre en Egypte
  • le café de Zambie pour l’Afrique du Sud après 28h de road trip en camion
  • la sauce chilli à revendre en Inde
  • du vin sud-africain pour les chinois
  • les chevaux en Asie centrale
  • le Jade du Xinjiang (province au nord ouest de la chine) pour Taïwan
  • du thé chinois (du Oolong à 1500$ les 100g) pour des collectionneurs japonais
  • du poisson pêché de ses mains sur un chalutier, revendu sur le marché local au Japon
  • des planches de surf gonflables, produites en Chine et revendues au Mexique
  • la Tequila mexicaine écoulée à Rio de Janeiro
  • du teck brésilien certifié, vendu de retour en Angleterre

Le tout en 5 mois.
Le tout pour un profit de 50000$.
Pas mal…

Du point de vue entrepreneurial

Ce livre est un vrai roman d’aventure. Mais l’histoire est avant tout la confluence de disciplines de l’entrepreneuriat (vente, marketing, persuasion…) avec les thématiques passionnantes du voyage : rapports humains, découverte de l’étranger et de sa culture, etc…

En tant qu’entrepreuneur, on apprend aussi beaucoup des succès et surtout des erreurs de l’auteur.
J’en retire 7 points essentiels :

  1. Agissez, essayez
    Puis apprenez de vos erreurs.
  2. Ayez des objectifs, mesurez-les
    Canalisez votre énergie à leurs services.
  3. Ayez confiance en l’autre
    La confiance est le pilier d’un deal réussi – comme sur tout marché où se rencontrent offre et demande.
  4. Soyez heureux de toute réussie, même minuscule
    Conor gagne au final 1$ symbolique sur le deal qui l’a le plus éprouvé physiquement, la pêche. Mais il gagne – et ceci en plus de toute l’expérience acquise.
  5. N’oubliez pas de jouer
    « Il est facile d’être obsédé par le résultat et d’oublier la joie de la négociation« , le jeu fait partie intégrante du business et le rend plus fun.
  6. Racontez une histoire avec votre marque
    Faîtes rêver vos clients.
  7. Prenez des risques, osez
    Le retour sur investissement n’en sera que plus grand.

Un huitième point se découvre entre les lignes : identifiez qui peut vous aider, en quoi, et appuyez-vous sur votre réseau. Sans information, Conor Woodman n’aurait jamais pu identifier les acteurs clés de certains marchés ou évaluer à l’avance le prix de certains produits. Il est essentiel de bien se préparer et de trouver ses conseillers essentiels.

conor woodman adventure capitalist livre

/amazon-adventure-capitalist-woodman

 

Vidéos du périple

J’ai découvert par hasard lors d’une discussion avec une amie qu’un reportage a été diffusé l’autre jour à la télévision. Je n’ai pas retrouvé le reportage en question mais voici une vidéo en VO trouvée sur YouTube. En plusieurs épisodes, on suit Conor Woodman durant son voyage ce qui permet de mieux imaginer ses joies et ses difficultés.